Tu t’es endormi(e) hier soir en te disant : « La vie, c’est vraiment une merde ! ». Manque d’amis, manque d’amour, partiels foiré, drames perso, chômage, problèmes de santé, manque d’argent, ou juste un blues récurrent sans raison apparente ? Toujours est-il qu’une nouvelle journée commence et qu’il va falloir la prendre du bon côté. « Ah ah très drôle » es-tu en train de penser alors que les factures tombent, que les chiens te mordent et que les vieilles te positionnent dessus à la caisse de ton supermarché… Et bien si, c’est possible !
Ce matin donc, c’est comme au bon vieux temps des contrôles de math, tu te réveilles avec ce désire diffus d’avoir la varicelle ou les oreillons. Tu repense à ce stratagème qui consistait à coller le thermomètre contre l’ampoule dès que maman avait le dos tourné, en espérant que la température dépasse les 39,5 °C.
Tu n’as pas envie d’affronter la vraie vie.
Mais alors pas du tout.
Pas le courage.
Pas la force.
Rien.
Désolé, mais ça ne marche pas plus avec nous qu’avec maman : la varicelle, tu l’as déjà eue, et les oreillons à ton âge, ce serait très très dangereux. Comme quoi, tu n’as pas les oreillons, et mine de rien, c’est déjà une bonne nouvelle.
Dans la position fœtale, tout(e) recroquevillé(e) façon rouleau de printemps, au chaud sous la couette, tu ouvres les yeux.
On t’entend d’ici : « Pfff… Encore une sale journée qui commence ». STOP ! Plutôt que de te plaindre, prend conscience que tu viens d’ouvrir les yeux. Ca n’a peut être l’air de rien, mais cette nuit tu aurais pu mourir, paf ! Comme ça, rupture d’anévrisme, et laisser à tes parents le soin de ramasser ton linge sale en vrac et tes restes… Beurk ! Bref, pour une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle : TU ES VI-VANT !
Répète 5 fois de suite ce dicton venu du grand Nord :
«Pingouin vivant, pingouin contente!»
A ce stade là, tu n’es toujours pas sorti du lit. Rien ne presse, pas un geste. Les profs doutent de toi, tes parents doutent de toi, tu finis par douter de toi ? RE-STOP ! Tu as un cerveau surpuissant, on va même t’en faire la démonstration.
Allongé(e) sur le dos, immobile, les bras le long du corps, les mains à plat sur le matelas, tu es prêt(e) ? Attention, ton cerveau va demander à l’auriculaire de ta main gauche de se soulever.
Are you Reaaaaaaaaaaaaady ? Beeeeegiiiiiiiiiiiiinn !
…
…
…
…
Hey ? T’as vu ? Ca marche ! Dingue hein ?
Réitère la manœuvre jusqu’à ce que sourire s’en suive(les mecs, vous pouvez le faire avec votre sexe, c’est tout aussi rigolo). La preuve est faite : tu as donc bien un cerveau, relié au corps, et s’il est capable de relever un auriculaire, il est capable de tout !
Répète 5 fois ce dicton venu de nulle part :
«Cerveau puissant, cerveau content!»
Debout ! Encore grisé par la surpuissance de ton cortex cérébral, tu surfs sur cette vague de bonne humeur. Mais l’équilibre est fragile. C’est pour cette raison qu’il faut absolument éviter de te retrouver nez à nez avec un sveltesse 0% quand tu ouvriras la porte du frigo. Crèmes au chocolat, yaourt 100% gros cul, morceau de chocolat aux noisettes entières, nutella… Le maître mot est PLAISIR, non au régime matinal. Au réveil, tu peux tout te permettre car toute calorie avalée, sera brûlée dans la journée. Tu peux donc dénouer ton estomac, et savourer. Tes traits se détendent, tes yeux s’illuminent.
Entre deux bouchées de nutella, répète ce dicton berrichon :
«Pingouin nourri, pingouin joli!»
C’est encore un réflexe, tu as allumé la télévision ou la radio pour te faire 5 minutes d’info du monde. Résultat : « 2000 morts dans un tremblement de terre, encore 20 civils tués par des frappes aériennes et 5 jeunes compressés dans la tôle en sorti de boite ce week-end ». La seule urgence immédiate : RELATIVISER !
Les secousses telluriques qu’a connues la France ont rarement dépassé le niveau 3 sur l’échelle de Richter, aux derniers nouvelles les Etats-Unis ne se sont pas mis en tête de « libérer » la France cette année, et si tu as entendu les infos, c’est que tu n’as pas fini contre un arbre ce week-end.
Et bien sûr : «Pingouin vivant, pingouin content!»
Vivant, le cerveau super-puissant, l’estomac content, et relativisant, il te manque juste la patate, l’envie, la pèche ! Attentioooooonnnnnnnn ! Allume ta chaîne Hi-fi, THE SHOW va commencer ! Vire toute musique triste, sentimentale, assourdissante : place aux morceaux qui donnent la patate !
« Easier tu run » de Linkin Park, « Bubble toes » de Jack Johnson, ou encore quelques morceaux choisis de Lenny Kravitz ou des Red Hot Chili Peppers te mettront de bonne humeur. Parmi les incontournables des soirées sixties et seventies, « Hot Stuff » de Donna Summer ou « Think » d’Aretha Franklin n’ont pas pris une ride (on parle des morceaux).
Si tu as d’autres titres qui transforment ta salle de bain en scène du Zénith, ta brosse à dent en micro et ta serviette de bain en habit de lumière, écoute les ! Un truc à répéter ? Non, juste ta chorégraphie en beuglant comme un candidat à la Star’Ac.
Te voilà fin prêt(e) pour embrasser la vie. Il ne manque plus qu’un petit détail qui a son importance : le sourire. On ne voit pas ce qui donnerait envie à tes voisins de te dire bonjours si tu leur tires la tronche.
On a bien conscience, que sourire comme ça, sur demande, sans raison valable, ça fait artificiel, voire niais. Mais en cherchant bien, tu vas forcément trouver des sujets qui portent à rire ou sourire : ton patron sur les toilettes, l’une des derniers blagues qu’on t’a raconté, l’existence des poulemouths ou beaucoup plus proche de toi : ta tête dans la glace.
Regarde-toi, dis-toi que tu es parfait(e) avec tous ces petits défauts, et n’oublie pas les clefs en partant. C’est une belle journée qui commence…
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